Le 4 juillet 2017

L'Uqamienne Caroline Leduc à la Coupe internationale de football australien

Caroline Leduc 160Même si elle joue au football australien depuis à peine un an, Caroline Leduc (B.Sc. psychologie, 2014) n'a pas tardé à s'imposer comme l'une des meilleures joueuses au pays. L'étudiante au doctorat en psychologie fait partie de l'équipe canadienne qui participera à la sixième édition de la Coupe internationale 2017, du 5 au 19 août prochains, à Melbourne.

Ce tournoi, qui a lieu tous les trois ans depuis 2002, constitue la plus importante compétition de football australien à travers le monde, rassemblant 26 pays chez les hommes et 11 pays chez les femmes. Championnes en titre de l'édition 2014, les Canadiennes rivaliseront avec les États-Unis, la Croatie, la Grande-Bretagne, l'Irlande, le Pakistan, la Scandinavie, les Îles Fidji, le Royaume de Tonga, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ainsi qu'une équipe formée de joueuses européennes.

Cet événement n'a toutefois pas la même envergure que les autres Coupes du monde – en soccer ou en rugby, par exemple. Les Australiens, meilleurs joueurs au monde, accueillent l'événement sans y participer. «Ils sont beaucoup trop forts pour le reste du monde, affirme Caroline Leduc. Si l'Australie formait une équipe pour cette compétition, ce serait un peu comme si le Canada participait à un Championnat de hockey en Amérique latine ou en Afrique.»

À l'instar du football américain aux États-Unis, le football australien est roi et maître dans un seul pays. Plus de la moitié des 1,2 million d'adeptes dans le monde sont originaires du «lucky country». Comme la NFL au football américain, l'Australian Football League (AFL) est la seule ligue professionnelle sur la planète. Au Canada, les premières équipes ont vu le jour en Ontario à la fin des années 1980, et la première organisation québécoise – l'AFL Québec – a été fondée en 2008. Cette ligue compte quatre équipes masculines et quatre équipes féminines, dont les NDG Giants, pour laquelle évolue Caroline Leduc.

L'ABC du footy

Inventé dans la deuxième moitié du 19e siècle afin que les joueurs de cricket puissent garder la forme durant l'hiver, le football australien – aussi surnommé Australian Rules ou footy – est un sport où s'affrontent deux équipes de 18 joueurs, sur un terrain ovale de 185 m par 155 m, soit une superficie six fois plus grande qu'un terrain de football américain.

Pour marquer des points, les joueurs doivent botter le ballon entre les poteaux qui se trouvent à chaque extrémité du terrain. Les passes peuvent être faites avec les poings ou avec les pieds, il est permis de courir avec le ballon en dribblant tous les 15 mètres, et les défenseurs peuvent plaquer leurs adversaires entre les épaules et les hanches.

Malgré les contacts violents qui peuvent survenir, les joueurs n'ont droit à aucune protection à l'exception du protecteur buccal. «Le football australien est un bon mélange de rugby, de football américain, de volleyball, de basketball et de soccer, souligne Caroline Leduc. Plusieurs personnes le confondent avec le rugby, mais le jeu est  axé sur la vitesse et l'agilité, plutôt  que sur les contacts physiques.»

Australienne dans l'âme

L'histoire d'amour entre Caroline Leduc et l'Australie remonte à son enfance. «Mes grands-parents sont allés à Sydney en 2000 durant les Jeux olympiques, et j'ai été fascinée par leurs récits et photos de voyages», dit-elle. À l'école secondaire, elle dévore avec passion le roman historique La route de Parramatta (éditions Libre expression), qui raconte la déportation des Patriotes de 1837-1838 en Australie. «J'ai relu ce livre récemment, et il fait toujours partie de mes coups de cœur.»

En 2014, à la fin de son baccalauréat, Caroline part rejoindre sa meilleure amie en échange étudiant à Brisbane et en profite pour visiter la côte est australienne durant un mois, de Cairns à Melbourne. Si elle tombe en amour avec le climat, les paysages, les plages et le mode de vie des Australiens, elle ne développe aucun contact avec leur sport national. C'est par l'entremise de ses amis sur Facebook qu'elle découvre le football australien un an plus tard. «Après quelques pratiques, mais surtout après mon premier match, j'ai eu la piqûre», mentionne la sportive, qui a joué au basketball durant 16 ans et au soccer durant deux ans.

Au printemps 2016, elle participe à son premier entraînement  avec les équipes montréalaises de l'AFL Québec. Elle y fait bonne impression: le mois suivant, on l'invite à participer au Championnat national canadien, puis à jouer deux matchs hors-concours contre des équipes ontariennes. Elle a depuis joué une trentaine de matchs, dont trois avec l'équipe de développement du Canada lors d'un tournoi à Londres, en mai dernier. «Ce fut une expérience incroyable, raconte-t-elle. Je me rappellerai toujours de mon premier but international, contre l'Angleterre, devant des partisans canadiens et anglais, sur un long coup de pied à la suite d'un coup franc.»

Ses brillantes performances lui ont permis de se tailler une place dans l'équipe nationale en vue de la Coupe internationale. À Melbourne, l'étudiante-athlète de 26 ans sera l'une des plus jeunes joueuses d'une formation canadienne expérimentée. «Je n'ai pas d'attentes, je veux seulement vivre l'expérience et apprendre des meilleures joueuses au monde, dit-elle. Faire partie de cette grande aventure et défendre notre titre international est un immense privilège.»

Stage de recherche… en Australie

Dans le cadre de sa thèse doctorale, dirigée par la professeure Nathalie Houlfort au Laboratoire de recherche sur le comportement organisationnel, Caroline Leduc s'intéresse à l'effet du soutien à l’autonomie des gestionnaires sur la motivation au travail des employés. «C'est un style de leadership qui permet aux employés d'être impliqués dans la prise de décision et de s'épanouir en conciliant travail et vie personnelle.» Après son doctorat, elle souhaite devenir consultante en entreprise ou psychologue clinicienne en pratique privée. «Je ne ferme pas la porte à la psychologie sportive», dit-elle.

Dans l'immédiat, sa passion pour le football australien l'amène à voyager aux quatre coins du monde, ce qui entraîne son lot de plaisirs… mais aussi de dépenses. «Le football australien n'est pas reconnu par les organismes sportifs canadiens, ce qui veut dire que nous devons nous-mêmes défrayer nos dépenses, dit-elle. À la Coupe internationale, par exemple, il m'en coûtera près de 4000 dollars uniquement pour l'avion et l'hébergement.»

Pour l'aider à financer ses participations aux compétitions, l'étudiante-athlète a récemment reçu la bourse Yvan-Cournoyer décernée par le Centre sportif par le biais de la Fondation de l'UQAM. Elle a également reçu une bourse de 23 000 dollars du gouvernement australien pour effectuer un stage de recherche de six mois à Perth. «L'obtention de cette bourse me permet de faire ce stage qui sera non seulement bénéfique pour mes études, mais aussi pour ma carrière sportive, puisque je pourrais m'entraîner avec une équipe féminine de football australien locale, avec des joueuses expérimentées, ayant joué toute leur vie au footy

Caroline Leduc a également mis sur pied deux campagnes de sociofinancement, qui lui ont permis d'amasser plus de 1000 dollars. On peut toujours l'encourager en la contactant à l'adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.